Il est temps d'attaquer la descente, que c'est bon de rouler sur l'asphalte. On fait une pause-sieste au soleil. Les pieds dégèlent peu à peu. Puis les kilomètres défilent. A ce rythme, on devrait arriver au Mont Kailash dans 3 ou 4 jours. Ce qui était un rêve devient peu à peu réalité. Je commence vraiment à y croire et me vois déjà à Lhasa ou à Kathmandou.
Km1120 (60km après Ali) - Un 4x4 arrivant en face freine brutalement devant nous. Un type accompagné d'une femme et d'un jeune garcon en sort et nous fait signe de nous arrêter. Encore un touriste qui veut nous photographier ? Il sort un insigne. “Ali PSB. Show me your passport and permit”. Aïe, ca sent le roussi. On joue les naïfs mais vu qu'il parle anglais, c'est plutôt dur de faire semblant de ne rien comprendre cette fois-ci. Il met nos passeports dans la poche de sa veste. "Two come with me to Ali to buy permits, one stays here with the bicycles". Pierre et moi embarquons dans la jeep sans trop savoir si nous allons vraiment pouvoir acheter des permis pendant que Céline s'installe au bord de la rivière, sans trop savoir pour combien de temps... Une heure plus tard, coup de klaxon, un pick-up avec 2 policiers vient la récupérer ainsi que les vélos. "You're in trouble." Ca sent vraiment le roussi. On apprendra plus tard que ce type est en fait le responsable du bureau en charge des permis et des étrangers à la PSB d'Ali. Le croiser est synonyme d'expulsion...
Nous arrivons à Ali vers 5h du soir. Les bureaux de la PSB sont fermés, on nous conduit à l'hôtel. "You stay here, tomorrow you come to the PSB". Waouh, une vraie chambre chacun, chauffée, avec une vraie salle de bain, des WC et une douche (sans eau chaude, faut pas exagérer non plus). Tout ça aux frais de la princesse. Rendez-vous demain avec la police qui garde pour le moment nos passeports histoire d'éviter que nous disparaissions dans la nature. En attendant, nous profitons du confort et des douceurs de la ville, et trinquons autour d’une bière, à notre avenir incertain.
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